COMMENT LA FINANCE SOUTIENT-ELLE LE CHARBON ?

Les banques commerciales, les sociétés d’assurance et d’investissement jouent un rôle essentiel dans la réalisation de grands projets tels que les mines, centrales et infrastructures associées au secteur du charbon (telles que les voies ferrées et terminaux d’exportation), ainsi qu’en permettant à l’industrie du charbon de fonctionner. Cette page décrit les services financiers que chacun d’entre eux fournit aux projets et aux entreprises de ce secteur.

Financement dédié au niveau du projet

Les projets de charbon ont un prix très élevé et sont souvent financés par des montages financiers qui combinent à la fois des capitaux propres et des capitaux d’emprunt. Tous-deux sont remboursés à partir des flux de trésorerie générés par le projet.

  • Les fonds propres, qui constituent une part de propriété du projet, sont fournis par des investisseurs qui peuvent être des sociétés du secteur ou des investisseurs institutionnels comme des fonds de pension.
  • La dette est fournie par les banques commerciales, souvent réunies en syndicat bancaire.
  • Le financement public est également très courant dans le financement de projets. Des prêts de banques de développement ou des garanties par des agences de crédit à l’exportation réduisent les risques financiers des projets et facilitent la participation d’investisseurs et banques privés sur des marchés très risqués.

Les banques commerciales ne se contentent pas de financer le développement du secteur par le biais de financements de projets ou d’autres types de financements dédiés ; elles jouent également un rôle essentiel en s’assurant que les projets soient assez solides pour attirer des investisseurs et banques. Par le biais de mandats de conseil dès les premières étapes, une ou deux banques sont généralement chargées d’accompagner l’entreprise dans la structuration du projet et de son financement.

Couverture d’assurance au niveau du projet

En plus du financement, les projets de charbon ont besoin d’une assurance. Les mines, centrales et infrastructures liées sont des projets intensifs en capitaux et sont exposés à de lourds risques physiques, techniques, juridiques, politiques et de gestion, ainsi qu’au risque de défaut de la part de parties liées contractuellement aux projets. Rares sont les projets de ce type qui avanceraient sans une couverture d’assurance quelconque, nécessaire pour obtenir le financement du projet et obtenir les autorisations légales. Les assureurs jouent donc un rôle essentiel dans les nouveaux projets de charbon.

Au-delà de la couverture de la construction, la couverture des biens pour les projets déjà construits est nécessaire, et les assureurs sont également essentiels pour permettre leur opération. La couverture peut être fournie à un projet, par le biais d’une assurance autonome (également appelée stand alone), ou à plusieurs projets ensemble. Dans ce cas, les projets de charbon existants peuvent être assurés aux côtés d’autres types d’actifs.

Tous les assureurs ne souscrivent pas les risques liés à l’industrie du charbon. Le marché est assez concentré; peu d’assureurs ont l’expertise nécessaire pour assurer des projets aussi gigantesques et risqués.

Les nouveaux projets charbon nécessitent généralement une couverture de réassurance, via le transfert de tout ou partie des risques des assureurs aux réassureurs (tels que Swiss Re, Munich Re, Hannover Re, et Scor), principalement par le biais de la réassurance facultative.

Les services financiers au niveau de l’entreprise

⇒ Les banques ne financent pas seulement des projets ou des activités spécifiques dans le secteur du charbon. Le financement de projets ne représente qu’une part infime du financement total du secteur du charbon. La majeure partie du financement provient des services fournis au niveau des entreprises. Les banques aident indirectement les entreprises à construire et à exploiter des projets de charbon nouveaux et existants, en leur octroyant des prêts ou en agissant comme leur agent sur les marchés financiers, ce qui leur permet d’émettre des actions et des obligations.

⇒ Les assureurs n’assurent pas seulement les biens des entreprises charbon. Elles leur proposent également plusieurs autres types de couvertures, par exemples liées à la responsabilité civile des entreprises et des dirigeants. La couverture des administrateurs et dirigeants (D&O) protège les dirigeants des grandes entreprises contre les réclamations liées aux décisions et aux actions qu’ils prennent. Une partie ou la totalité des risques peut être transférée aux réassureurs, généralement avec un mélange d’autres types de risques et/ou d’actifs, par le biais de traités de réassurance.

⇒ Les entreprises émettent des actions et des obligations pour lever des capitaux.

  • Les actions représentent une participation dans une société : les actionnaires reçoivent des dividendes, dont le montant dépend (entre autres) des bénéfices de la société.
  • Les obligations sont une forme de dette à long terme : les détenteurs d’obligations ne détiennent pas une part de l’entreprise et leurs obligations sont remboursées par les émetteurs avec un intérêt fixe après une période de maturation.

⇒ Les investisseurs institutionnels (fonds de pension, sociétés d’assurance, fondations, gestionnaires de fonds, banques d’investissement, etc.) achètent un grand nombre d’actions ou d’obligations dans le but d’obtenir un retour sur investissement. Les activités des investisseurs institutionnels peuvent être diverses et complexes :

  • Les fonds de pension, les assureurs et les fondations sont considérés comme des détenteurs d’actifs : ils sont responsables de la sauvegarde des pensions et autres actifs des particuliers et ont le « devoir fiduciaire » d’agir dans le meilleur intérêt de leurs bénéficiaires.
  • Les gestionnaires d’investissement gèrent des fonds pour le compte de tiers. Les fonds de pension et les fondations, par exemple, sous-traitent la plupart du temps la gestion quotidienne des fonds à des gestionnaires de placement par le biais de mandats d’investissement.
  • Alors que certains assureurs font appel à des gestionnaires d’investissement externes, les plus importants gèrent également (en partie) leurs fonds en interne. En outre, ils gèrent des fonds pour des tiers. Les assureurs peuvent donc être considérés à la fois comme des propriétaires d’actifs et des gestionnaires d’investissement.
  • Les banques combinent également différentes activités. Si le financement est généralement leur activité principale, elles sont souvent aussi considérées comme des gestionnaires d’investissement (gérant des fonds pour le compte de tiers, par exemple des clients de détail) et même des propriétaires d’actifs (fournissant par exemple des produits de prévoyance et d’assurance à leurs employés).
Voir le Coal Policy Tool