Évaluation des stratégies climat des entreprises pétro-gazières
Les 14 plus grandes entreprises pétrolières et gazières européennes, états-uniennes et compagnies pétro-gazières nationales représentent à elles seules 35,9% de la production mondiale 2022 et 45,4% des plans d’expansion à court terme.
Certains acteurs financiers jugent leur transformation essentielle pour permettre une réduction progressive de la production d’hydrocarbures en ligne avec l’objectif de limitation du réchauffement à 1,5°C et répondre aux besoins massifs en termes de déploiement des énergies renouvelables. Pour d’autres, les entreprises pétro-gazières sont structurellement inaptes à se transformer et constituent avant tout une source de risques à contrôler ou éviter, notamment à travers la mise en place de restrictions voire d’exclusions. Dans les deux cas, il est indispensable que les acteurs financiers fassent reposer leurs actions à l’égard des entreprises pétro-gazières sur des faits.
Reclaim Finance a à cette fin analysé les stratégies climat des grandes entreprises pétro-gazières européennes, états-uniennes, et des compagnies pétro-gazières nationales (NOC). Plusieurs indicateurs jugés fondamentaux pour évaluer leurs mesures à l’aune de celles qu’il faudrait fournir pour tenir l’objectif de limitation du réchauffement à 1,5°C ont été retenus. Tous visent à répondre à trois questions majeures : l’entreprise publie-t-elle des informations suffisantes pour apprécier sa trajectoire à l’horizon 2030 ? Quels sont ses choix d’investissements ? Quels sont ses objectifs de production et d’émissions de gaz à effet de serre ?
Découvrez les principales conclusions de notre analyse et téléchargez ci-dessous le briefing détaillé spécifique à chacune des 12 entreprises pétrolières et gazières.
Pour faciliter votre lecture, un glossaire est disponible ici.
méthodologie
En raison de l’importance de baisser de moitié les émissions de gaz à effet de serre au cours de la décennie, l’analyse se concentre sur les objectifs poursuivis par les entreprises à l’horizon 2030.
Le scénario Net Zero Emissions by 2050 (NZE) de l’Agence internationale de l’énergie (AIE) suivant une trajectoire 1.5°C est retenu comme premier scénario de référence pour les besoins de l’analyse. Ce scénario projette notamment :
- l’arrêt du développement de nouveaux projets de production de pétrole et de gaz et de terminaux de gaz naturel liquéfié (GNL).
- la baisse de la production de pétrole et de gaz de 21 et 18 % respectivement d’ici 2030 par rapport au niveau de 2022.
- une multiplication par 2,1 des investissements totaux dans l’énergie avec un triplement des investissements dans les énergies soutenables, l’utilisation finale et l’efficacité énergétique, de manière à investir d’ici 2030 neuf dollars dans ces solutions pour chaque dollar investi dans les énergies fossiles.
L’analyse met les projections d’émissions de gaz à effet de serre en perspective avec le scénario Net Zero Emissions by 2050 (NZE) de l’AIE mais aussi son scénario Announced Pledges Scenario (APS), lequel suit une trajectoire en-dessous de 2°C.
Informations clés
Aucune stratégie climat n’est alignée avec un scénario 1.5°C.
L’analyse des statégies climat de ces 12 entreprises pétrolières et gazières au regard du scénario Net Zero Emission by 2050 (NZE) de l’Agence internationale de l’énergie (AIE) démontre que leurs plans de production, flux de trésorerie et mix énergétique ne leur permettent pas de suivre une trajectoire 1,5°C.
Pas d’arrêt de l’expansion pétro-gazière.
Aucune entreprise ne s’est engagée à arrêter l’expansion pétro-gazière, à rebours des projections de l’AIE et des recommandations de l’ONU.
Des objectifs de production trop élevés.
Dès lors qu’elles publient des objectifs de production, toutes les entreprises visent une production de pétrole et de gaz d’ici 2030 bien plus élevés que ce qui est requis dans le scénario NZE de l’AIE.
Des investissements insuffisants dans les énergies soutenables.
Les investissements de l’année 2022 dans les énergies renouvelables restent bien inférieurs à ceux dans les énergies fossiles. Les entreprises américaines ne communiquent aucun investissement dans les énergies soutenables.
Un mix énergétique à 2030 reposant sur les énergies fossiles.
Le dépassement du budget carbone 1,5°C à 2030.
Toutes vont émettre plus de gaz à effet de serre à 2030 que ce qui leur est accordé dans un scénario 1,5°C.
Un manque de transparence dans les stratégies climat.
Toutes ont des stratégies climat opaques qui contiennent des données peu détaillées.
Analyse des stratégies climat
Plans de production d’ADNOC
En 2030, avec ses ressources de pétrole et de gaz des champs en opération, en développement et en évaluation, la production d’ADNOC sera supérieure de plus de 20 % au niveau requis pour s’aligner sur le scénario Net Zero Emissions by 2050 (NZE).
Si ADNOC produit au maximum de ses capacités de production pétrolières visées en 2030, l’entreprise produira près de 2,7x la production requise pour s’aligner sur le scénario NZE.
ADNOC ne s’est pas engagée à cesser de développer de nouveaux projets pétroliers et gaziers, alors que la National Oil Company (NOC) possède 5 489 mmboe d’hydrocarbures provenant de champs en développement ou en évaluation et 4 267 mmboe de ressources découvertes. Ces dernières pourraient entrer en production si l’entreprise poursuit sa stratégie d’expansion.
L’expansion d’ADNOC dans le gaz naturel liquéfié (GNL)
En plus du développement de nouveaux champs, ADNOC prévoit de construire un nouveau terminal d’exportation de GNL aux Emirats Arabes Unies et participe à un projet de nouveau terminal d’importation aux Pays-Bas. Aucun de ces terminaux ne sont compatibles avec le scénario NZE.
Répartition des flux de trésorerie d’ADNOC
ADNOC étant un groupe privé détenu par l’Etat des Emirats Arabes Unies, le niveau de transparence sur les résultats financiers consolidés et la mise en œuvre de la stratégie climatique du groupe est très faible. Par conséquent, les investissements déjà réalisés dans le secteur des énergies bas carbone ne sont pas publiés.
ADNOC a pour objectif d’investir 15 milliards de dollars entre 2023 et 2027 dans le « bas carbone et les nouvelles énergies », tandis que 135 milliards de dollars seront investis dans le pétrole et le gaz sur cette même période.
Mix énergétique d’ADNOC
Les capacités renouvelables d’ADNOC sont détenues par le biais de sa participation de 24 % dans l’entreprise d’énergie renouvelable et d’hydrogène Masdar, dont l’objectif en termes de capacité brute installée et en construction d’énergies renouvelables est de 100 GW en 2030.
La part maximale des énergies renouvelables dans le mix énergétique d’ADNOC restera inférieure à 7 % en 2030.
Emissions de gaz à effet de serre d’ADNOC
Les cibles de décarbonation d’ADNOC pour 2030 ne concernent que les émissions des scope 1 et 2, en intensité seulement, sans aucune information sur les émissions de scope 3. En raison de ce manque de transparence, il n’est pas possible de calculer rigoureusement les émissions futures de gaz à effet de serre d’ADNOC.
Plans de production de BP
En 2023, BP a considérablement réduit son objectif de réduction de la production de pétrole et de gaz, passant d’une réduction de 40 % d’ici à 2030 à une réduction de 25 % seulement. Si elle atteint cet objectif revu à la baisse, sa production sera supérieure de 25 % au niveau requis pour s’aligner sur le NZE.
BP ne s’est pas engagée à cesser de développer de nouveaux projets pétroliers et gaziers au-delà de ceux déjà en cours de développement et la réalisation de son objectif de production pour 2030 nécessitera l’acquisition de nouveaux actifs ou le développement de nouveaux gisements, en plus de ses plans d’expansion actuels à court terme.
Répartition des flux de trésorerie de BP
Pour chaque dollar investi dans sa division « bas carbone » en 2022, BP a investi plus de 14 dollars dans le pétrole et le gaz. Si l’on tient compte du fait que la division « bas carbone » de BP comprend des sources d’énergie non renouvelables, pour chaque dollar investi dans les énergies fossiles, moins de sept centimes ont été investis dans des énergies renouvelables durables.
La même année, pour chaque dollar investi dans la division « bas carbone », plus de 14 dollars ont été distribués aux actionnaires sous forme de dividendes et de rachats d’actions.
BP prévoit d’allouer aux renouvelables moins de 25 % des dépenses d’investissement d’ici à 2030.
Mix énergétique de BP
BP vise à développer 50 GW de capacité renouvelable d’ici 2030.10 GW net seront opérés par BP à la fin de cette période, ce qui représenterait moins de 5% du mix énergétique de BP.
Emissions de gaz à effet de serre de BP
L’intensité carbone visée par BP en 2030 est de 48 % supérieure à celle du scénario NZE et de 32 % supérieure à celle d’un scénario en dessous de 2°C. Si BP atteint ces cibles et réduit sa production d’énergie conformément aux scénarios NZE et APS de l’AIE, BP aura dépassé sa part du budget carbone 2023-2030 de 48 % par rapport aux émissions possibles dans le scénario NZE et de 32 % par rapport à celles émises dans le scénario APS.
Plans de production de Chevron
Avec son objectif de production de pétrole et de gaz à 2027 et avec l’hypothèse d’un maintien de la production à son plateau au-delà, la production de Chevron en 2030 serait supérieure de 62 % à celle requise selon le scénario NZE.
Chevron ne s’est pas engagé à cesser de développer de nouveaux projets pétroliers et gaziers au-delà de ceux déjà en cours de développement, alors que la major possède 13 366 mmboe de ressources d’hydrocarbures découvertes qui ne sont pas encore entrées dans la phase d’évaluation ou de développement du champ. En outre, entre 2020 et 2022, Chevron a investi en moyenne 1,4 milliard de dollars par an dans l’exploration pétro-gazière, ce qui en fait le 9e plus gros investisseur sur ce segment de la chaîne de valeur.
Répartition des flux de trésorerie de Chevron
En 2022, Chevron a alloué 15,3 milliards de dollars au pétrole et au gaz, dont 12,5 milliards de dollars à l’exploration et à la production de pétrole et de gaz, et n’a pas précisé ses investissements dans les énergies renouvelables durables.
Mix énergétique de Chevron
Chevron ne publie pas d’objectifs en termes d’énergies renouvelables durables, ni en termes de capacités ni en termes de génération.
Emissions de gaz à effet de serre de Chevron
L’intensité carbone visée par Chevron en 2030 est de 39 % supérieure à celle du scénario NZE et de 24 % supérieure à celle d’un scénario en dessous de 2°C. Si Chevron atteint ces cibles et réduit sa production d’énergie conformément aux scénarios NZE et APS de l’AIE, Chevron aura dépassé sa part du budget carbone 2023-2030 de 39 % par rapport aux émissions possibles dans le scénario NZE et de 24 % par rapport à celles émises dans le scénario APS.
Plans de production de Conocophillips
ConocoPhillips ne publie pas d’objectif de production de pétrole et de gaz au-delà de 2023. Si ConocoPhillips maintient sa production de pétrole et de gaz d’ici 2030 au niveau de son objectif 2023, sa production serait supérieure de 71 % % à celle requise selon le scénario NZE.
ConocoPhillips ne s’est pas engagé à cesser de développer de nouveaux projets pétroliers et gaziers au-delà de ceux qui sont déjà en cours de développement alors que la major possède 7 988 mmboe de ressources d’hydrocarbures découvertes qui ne sont pas encore entrées dans la phase d’évaluation ou de développement du champ. En outre, entre 2020 et 2022, ConocoPhillips a investi en moyenne 867 millions de dollars par an dans l’exploration pétro-gazière, ce qui en fait le 14e plus gros investisseur sur ce segment de la chaîne de valeur.
Répartition des flux de trésorerie de ConocoPhillips
Cependant, en 2022, ConocoPhillips a alloué 10,1 milliards de dollars au pétrole et au gaz et n’a pas fait état d’investissements dans les énergies renouvelables durables.
Mix énergétique de ConocoPhillips
ConocoPhillips ne publie pas d’objectifs en termes d’énergies renouvelables durables, ni en termes de capacités ni en termes de génération.
Dans son plan d’investissement en 2023, ConocoPhillips n’a pas indiqué d’investissements dédiés aux énergies renouvelables durables.
Emissions de gaz à effet de serre de ConocoPhillips
Les cibles de décarbonisation de ConocoPhillips pour 2030 ne concernent que les émissions des scope 1 et 2, sans aucune information sur les émissions de scope 3. En raison de ce manque de transparence, il n’est pas possible de calculer rigoureusement les émissions futures de gaz à effet de serre de ConocoPhillips.
Plans de production d’Equinor
Equinor prévoit le maintien de sa production de pétrole et de gaz à un niveau relativement stable jusqu’en 2030, soit environ 2 000 kbep par jour. Si elle atteint cet objectif, sa production sera supérieure de 61 % au niveau requis pour s’aligner sur les NZE.
Equinor ne s’est pas engagée à cesser de développer de nouveaux projets pétroliers et gaziers au-delà de ceux qui sont déjà en cours de développement, alors que l‘entreprise norvégienne possède 3 203 mmboe de ressources d’hydrocarbures découvertes qui ne sont pas encore entrées dans la phase d’évaluation ou de développement du champ. En outre, entre 2020 et 2022, Equinor a dépensé en moyenne 1,2 milliard de dollars par an pour l’exploration, ce qui en fait le 11e plus grand investisseur dans ce domaine.
Répartition des flux de trésorerie d’Equinor
En 2022, Equinor a alloué 9,5 milliards de dollars au pétrole et au gaz, dont 8,3 milliards de dollars aux activités upstream. En même temps, Equinor a investi 298 millions de dollars dans sa branche d’activité « énergies renouvelables et solutions énergétiques ». Pour chaque dollar investi dans les « énergies renouvelables » en 2022, Equinor a investi plus de 32 dollars dans le pétrole et le gaz. Pour chaque dollar investi dans les « énergies renouvelables » en 2022, plus de 29 dollars ont été distribués aux actionnaires sous forme de dividendes et de rachats d’actions.
Equinor prévoit d’augmenter sa part d’investissement brut consacrée aux énergies renouvelables et bas carbone à 30 % de ses investissements bruts d’ici 2025 et à 50 % d’ici 2030, alors qu’elle n’était que de 4 % en 2020 et de 11 % en 2021.
Mix énergétique d’Equinor
En raison de sa stratégie d’investissement, Equinor prévoit une capacité d’énergie renouvelable durable de 14 GW d’ici 2030. Sa stratégie repose sur une stratégie d’acquisition d’actifs et d’entreprises. En supposant que l’entreprise atteigne ses objectifs, la part maximale des énergies renouvelables dans le mix énergétique d’Equinor resterait inférieure à 6 % en 2030.
Emissions de gaz à effet de serre d’Equinor
L’intensité carbone visée par Equinor en 2030 est de 21 % supérieure à celle du scénario NZE et de 9 % supérieure à celle d’un scénario en dessous de 2°C. Si Eni atteint ces cibles et réduit sa production d’énergie conformément aux scénarios NZE et APS de l’AIE, Eni aura dépassé sa part du budget carbone 2023-2030 de 21 % par rapport aux émissions possibles dans le scénario NZE et de 9 % par rapport à celles émises dans le scénario APS.
Plans de production d’Eni
Eni prévoit d’augmenter sa production de pétrole et de gaz à 1 900 kbep par jour, dont 40 % de pétrole et 60 % de gaz, et de maintenir sa production à un plateau jusqu’en 2030. Si la major italienne atteint cet objectif, sa production sera supérieure de 71 % au niveau requis pour s’aligner sur la NZE.
Eni ne s’est pas engagé à cesser de développer de nouveaux projets pétroliers et gaziers au-delà de ceux déjà en cours de développement, alors que la major possède 3 263 mmboe de ressources d’hydrocarbures découvertes qui ne sont pas encore entrées dans la phase d’évaluation ou de développement du champ. En outre, entre 2021 et 2023, Eni a investi en moyenne 1 milliard de dollars par an dans l’exploration pétro-gazière, ce qui en fait le 14e plus gros investisseur sur ce segment de la chaîne de valeur.
Répartition des flux de trésorerie d’Eni
Pour chaque euro investi en 2022 dans « Plenitude » – sa division bas carbone –, Eni a investi plus de 15 euros dans le pétrole et le gaz. En tenant en compte le fait que « Plenitude » comprend des activités liées aux énergies non renouvelables, telles que la commercialisation du gaz et la vente, pour chaque euro investi dans les combustibles fossiles, moins de sept centimes ont été investis dans les énergies renouvelables durables.
De 2023 à 2026, Eni prévoit un peu plus de 9 milliards d’euros de dépenses d’investissement par an. Eni investira 6 à 6,5 milliards d’euros par an dans ses activités upstream, dont 2,1 milliards d’euros dans l’exploration, tandis que 1,65 milliard d’euros par an seront consacrés aux énergies renouvelables. Ces objectifs représentent une multiplication par trois ou quatre de ses dépenses d’investissement dans les renouvelables d’ici à 2026, mais ces investissements représentent toujours moins de 20 % des investissements totaux prévus par l’entreprise.
Mix énergétique d’Eni
Eni vise à développer des énergies renouvelables durables, dont la capacité passera de 2,2 GW aujourd’hui à plus de 7 GW en 2026 et doublera pour atteindre 15 GW en 2030. La part maximale des énergies renouvelables durables dans le mix énergétique d’Eni resterait inférieure à 7 % en 2030.
Emissions de gaz à effet de serre d’Eni
L’intensité carbone visée par Eni en 2030 est de 22 % supérieure à celle du scénario NZE et de 9 % supérieure à celle d’un scénario en dessous de 2°C. Si Eni atteint ces cibles et réduit sa production d’énergie conformément aux scénarios NZE et APS de l’AIE, Eni aura dépassé sa part du budget carbone 2023-2030 de 22 % par rapport aux émissions possibles dans le scénario NZE et de 5 % par rapport à celles émises dans le scénario APS.
Plans de production d’ExxonMobil
Avec son objectif de production de pétrole et de gaz à 2027 et avec l’hypothèse d’un maintien de la production à son plateau au-delà, la production d’Exxonmobil en 2030 serait supérieure de 39 % à celle requise selon le scénario NZE.
Exxonmobil ne s’est pas engagé à cesser de développer de nouveaux projets pétroliers et gaziers au-delà de ceux déjà en cours de développement, alors que la major possède 11 411 mmboe de ressources d’hydrocarbures découvertes qui ne sont pas encore entrées dans la phase d’évaluation ou de développement du champ. En outre, entre 2020 et 2022, ExxonMobil a investi en moyenne 1,4 milliard de dollars par an dans l’exploration pétro-gazière, ce qui en fait le 8e plus gros investisseur sur ce segment de la chaîne de valeur.
Répartition des flux de trésorerie d’ExxonMonbil
En 2022, ExxonMobil a alloué 22,6 milliards de dollars au pétrole et au gaz, dont 17,0 milliards de dollars à l’exploration et à la production de pétrole et de gaz, et n’a pas précisé ses investissements dans les énergies renouvelables durables.
Mix énergétique d’ExxonMobil
ExxonMobil ne publie pas d’objectifs en termes d’énergies renouvelables durables, ni en termes de capacités ni en termes de génération.
Emissions de gaz à effet de serre d’ExxonMobil
Les cibles de décarbonisation d’ExxonMobil pour 2030 ne concernent que les émissions des scope 1 et 2, sans aucune information sur les émissions de scope 3. En raison de ce manque de transparence, il n’est pas possible de calculer rigoureusement les émissions futures de gaz à effet de serre d’ExxonMobil.
Plans de production de QatarEnergy
En 2030, avec ses ressources de pétrole et de gaz des champs en opération, en développement et en évaluation, la production de QatarEnergy sera supérieure de 20 % au niveau requis pour s’aligner sur le scénario Net Zero Emissions by 2050 (NZE).
QatarEnergy ne s’est pas engagée à cesser de développer de nouveaux projets pétroliers et gaziers, alors que la National Oil Company (NOC) possède 15 835 mmboe d’hydrocarbures provenant de champs en développement ou en évaluation et 22 873 mmboe de ressources découvertes. Ces dernières pourraient entrer en production si l’entreprise poursuit sa stratégie d’expansion.
L’expansion de QatarEnergy dans le gaz naturel liquéfié (GNL)
En plus du développement de nouveaux champs, QatarEnergy construit ou prévoit de construire de nouveaux terminaux d’exportation de GNL aux Etats-Unis et au Qatar et participe à un projet de nouveau terminal d’importation au Pakistan. Aucun de ces terminaux ne sont compatibles avec le scénario NZE.
Répartition des flux de trésorerie de QatarEnergy
QatarEnergy étant un groupe privé détenu par l’Etat du Qatar, le niveau de transparence sur les résultats financiers consolidés et la mise en œuvre de la stratégie climatique du groupe est très faible et ne permet pas de correctement appréhender la stratégie du groupe.
Mix énergétique de QatarEnergy
QatarEnergy prévoit une capacité d’énergie soutenable de 3 GW d’ici 2030. En supposant que l’entreprise atteigne ses objectifs, la part maximale des énergies renouvelables dans le mix énergétique de QatarEnergy resterait inférieure à 1 % en 2030.
Emissions de gaz à effet de serre de QatarEnergy
Les cibles de décarbonation de QatarEnergy pour 2030 ne concernent que les émissions des scope 1 et 2, en intensité seulement, sans aucune information sur les émissions de scope 3. En raison de ce manque de transparence, il n’est pas possible de calculer rigoureusement les émissions futures de gaz à effet de serre de QatarEnergy.
Plans de production de Repsol
Repsol prévoit de porter sa production de pétrole et de gaz à 620 kbep par jour d’ici à 2025 et a déclaré qu’elle maintiendrait ce niveau de production d’ici à 2030. Si elle atteint cet objectif, sa production sera supérieure de 68 % au niveau requis pour s’aligner sur les NZE.
Repsol ne s’est pas engagée à cesser de développer de nouveaux projets pétroliers et gaziers au-delà de ceux qui sont déjà en cours de développement, alors que la société espagnole possède 1 403 mmboe de ressources d’hydrocarbures découvertes qui ne sont pas encore entrées dans la phase d’évaluation ou de développement du champ.
Répartition des flux de trésorerie de Repsol
Repsol a alloué 3,2 milliards d’euros au pétrole et au gaz, dont 2,1 milliards d’euros aux activités upstream. Parallèlement, Repsol a investi 762 millions d’euros dans les énergies renouvelables.
Pour chaque euro investi dans les énergies renouvelables en 2022, Repsol a investi plus de 4 euros dans le pétrole et le gaz. Pour chaque euro investi dans les énergies renouvelables en 2022, plus de 3 euros ont été distribués aux actionnaires sous forme de dividendes et de rachat d’actions.
Repsol prévoit d’investir en moyenne 3,8 milliards d’euros par an entre 2021 et 2025, dont 2,6 milliards d’euros dans le pétrole et le gaz et 1 milliard d’euros dans la production d’énergie bas carbone, qui comprend les énergies renouvelables et les centrales thermiques à cycle combiné.
Le développement des énergies renouvelables de Repsol ne devrait pas représenter plus d’un quart des dépenses d’investissement du groupe d’ici à 2025.
Mix énergétique de Repsol
Repsol vise à disposer d’une capacité renouvelable de 6 GW d’ici 2025 et de 20 GW d’ici 2030. Sa stratégie repose sur une stratégie d’acquisition d’actifs et d’entreprises. La part maximale des énergies renouvelables dans le mix énergétique de Repsol resterait inférieure à 22 % en 2030.
Emissions de gaz à effet de serre de Repsol
L’intensité carbone visée par Repsol en 2030 est de 30 % supérieure à celle du scénario NZE et de 16 % supérieure à celle d’un scénario en dessous de 2°C. Si elle atteint ces cibles et réduit sa production d’énergie conformément aux scénarios NZE et APS de l’AIE, Repsol aura dépassé sa part du budget carbone 2023-2030 de 30 % par rapport aux émissions possibles dans le scénario NZE et de 16 % par rapport à celles émises dans le scénario APS.
Plans de production de Saudi Aramco
En 2030, avec ses ressources de pétrole et de gaz des champs en opération, en développement et en évaluation, la production de Saudi Aramco sera supérieure de 6 % au niveau requis pour s’aligner sur le scénario Net Zero Emissions by 2050 (NZE).
Si Saudi Aramco produit au maximum de ses capacités de production pétrolières visées en 2030, la production de l’entreprise dépassera de 23% la production requise pour s’aligner sur le scénario NZE.
Saudi Aramco ne s’est pas engagée à cesser de développer de nouveaux projets pétroliers et gaziers, alors que la National Oil Company (NOC) possède 17 692 mmboe d’hydrocarbures provenant de champs en développement ou en évaluation et 16 009 mmboe de ressources découvertes. Ces dernières pourraient entrer en production si l’entreprise poursuit sa stratégie d’expansion.
Répartition des flux de trésorerie de Saudi Aramco
Saudi Aramco ne publie pas ses investissements aux énergies soutenables. En 2022, 78% des investissements de l’entreprises étaient alloués à l’exploration et à la production de pétrole et de gaz.
Mix énergétique de Saudi Aramco
Saudi Aramco prévoit une capacité d’énergie soutenable de 12 GW d’ici 2030. En supposant que l’entreprise atteigne ses objectifs, la part maximale des énergies renouvelables dans le mix énergétique de Saudi Aramco resterait inférieure à 1 % en 2030.
Emissions de gaz à effet de serre de Saudi Aramco
Les cibles de décarbonation de Saudi Aramco pour 2030 ne concernent que les émissions des scope 1 et 2, en intensité seulement, sans aucune information sur les émissions de scope 3. En raison de ce manque de transparence, il n’est pas possible de calculer rigoureusement les émissions futures de gaz à effet de serre de Saudi Aramco.
Plans de production de Shell
Shell prévoit de maintenir sa production pétrolière d’ici à 2030 et un mix composé alors de 45 % de pétrole et de 55 % de gaz. Avec cet objectif, sa production sera supérieure de 35% au niveau requis pour s’aligner sur les NZE.
Shell ne s’est pas engagée à cesser de développer de nouveaux projets pétroliers et gaziers au-delà de ceux déjà en cours de développement, alors que la major possède 7 544 mmboe de ressources d’hydrocarbures découvertes qui ne sont pas encore entrées dans la phase d’évaluation ou de développement du champ. Entre 2020 et 2022, Shell a dépensé en moyenne 2,3 milliards de dollars par an pour l’exploration, ce qui en fait le 3e plus gros investisseur dans ce domaine.
Répartition des flux de trésorerie de Shell
En 2022, Shell a alloué 21,1 milliards de dollars au pétrole et au gaz, dont 8,1 milliards aux activités upstream. Parallèlement, Shell a investi 298 millions de dollars dans sa division « Renewables & Energy Solutions ».
Pour chaque dollar investi dans sa division « Renewables & Energy solutions » en 2022, Shell a investi plus de 6 dollars dans le pétrole et le gaz. Si l’on tient compte du fait que la division « Renewables & Energy solutions » de Shell comprend des sources d’énergie non renouvelables, pour chaque dollar investi dans les combustibles fossiles, moins de 16 cents ont été investis dans les énergies renouvelables durables. Pour chaque dollar investi dans la division « Renewables & Energy solutions » en 2022, plus de 7 dollars ont été distribués aux actionnaires sous forme de dividendes et de rachats d’actions.
Mix énergétique de Shell
Shell indique qu’elle prévoit de fournir de l’électricité provenant de sources renouvelables à 50 millions de ménages d’ici à 2030. Si Shell atteint cet objectif et en prenant l’hypothèse que sa production d’énergie renouvelable est destinée aux marchés développés, la part maximale d’énergie renouvelable dans son mix énergétique restera inférieure à 22 % en 2030.
Emissions de gaz à effet de serre de Shell
L’intensité carbone visée par Shell en 2030 est de 40 % supérieure à celle du scénario NZE et de 25 % supérieure à celle d’un scénario en dessous de 2°C. Si Shell atteint ces cibles et réduit sa production d’énergie conformément aux scénarios NZE et APS de l’AIE, la major aura dépassé sa part du budget carbone 2023-2030 de 40 % par rapport aux émissions possibles dans le scénario NZE et de 25 % par rapport à celles émises dans le scénario APS.
Plans de production de TotalEnergies
En 2030, avec son objectif de production de pétrole et de gaz, la production de TotalEnergies sera supérieure de plus de 40 % au niveau requis pour s’aligner sur la NZE.
TotalEnergies ne s’est pas engagé à cesser de développer de nouveaux projets pétroliers et gaziers au-delà de ceux déjà en cours de développement, alors que la major possède 7 544 mmboe de ressources d’hydrocarbures découvertes qui ne sont pas encore entrées dans la phase d’évaluation ou de développement du champ. Entre 2020 et 2022, TotalEnergies a dépensé en moyenne 1 milliard de dollars par an pour l’exploration, ce qui en fait le 13e plus gros investisseur dans ce domaine.
Répartition des flux de trésorerie de TotalEnergies
En 2022, TotalEnergies a alloué 12,2 milliards de dollars au pétrole et au gaz, dont 10 milliards à l’exploration et à la production de pétrole et de gaz. Parallèlement, la major française a investi 4 milliards de dollars dans la branche « Integrated Gas, Renewable and Power (iGRP) ».
Pour chaque dollar investi dans la division iGRP en 2022, TotalEnergies a investi plus de 3 dollars dans le pétrole et le gaz. En tenant en compte le fait que la division iGRP de TotalEnergies comprend des activités liées aux énergies non renouvelables, telles que les centrales à gaz, pour chaque dollar investi dans les combustibles fossiles, moins de 33 cents ont été investis dans les énergies renouvelables durables. Pour chaque dollar investi dans la division iGRP en 2022, plus de 4 dollars ont été distribués aux actionnaires sous forme de dividendes et de rachats d’actions.
D’ici 2030, TotalEnergies a pour objectif d’investir 5,3 milliards de dollars par an dans les « énergies bas carbone », qui comprennent l’électricité intégrée et les nouvelles molécules, tandis que 4,5 milliards de dollars par an seront investis dans de nouveaux projets pétroliers et gaziers, y compris des projets de GNL.
Plus élevés qu’en 2022, les investissements futurs dans les « énergies bas carbone » représenteront toujours moins d’un tiers de ses dépenses d’investissement.
Mix énergétique de TotalEnergies
La part maximale des énergies renouvelables dans le mix énergétique de TotalEnergies restera inférieure à 13 % en 2030.
Emissions de gaz à effet de serre de TotalEnergies
L’intensité carbone visée par TotalEnergies en 2030 est de 20 % supérieure à celle du scénario NZE et de 7 % supérieure à celle d’un scénario en dessous de 2°C. Si TotalEnergies atteint ces cibles et réduit sa production d’énergie conformément aux scénarios NZE et APS de l’AIE, la major française aura dépassé sa part du budget carbone 2023-2030 de 20 % par rapport aux émissions possibles dans le scénario NZE et de 7 % par rapport à celles émises dans le scénario APS.