EN FINIR AVEC LE CHARBON

Le problème du charbon
Le désinvestissement inefficace ?
Attention au greenwashing !
La France pourrait donner l’exemple

745 milliards $ à l’expansion du charbon

Malgré l’idée de plus en plus répandue que le charbon thermique est mort et amené à un déclin inéluctable, la capacité mondiale de production d’électricité à partir de charbon n’a cessé d’augmenter depuis la signature de l’Accord de Paris en 2015. C’est 105 GW de capacité additionnelle, l’équivalent des parcs de l’Allemagne et de la Russie réunis, qui ont été construits depuis.

Une croissance rendue possible par les investissements, financements, couvertures d’assurance et autres services fournis par les institutions financières aux entreprises actives dans le secteur. En se tenant aux financements uniquement, entre 2017 et septembre 2019, les banques ont accordé plus de 745 milliards de dollars rien qu’aux entreprises qui entendent construire de nouvelles centrales à charbon.

Reclaim Finance appelle les institutions financières à adopter une politique publique sur le charbon visant à aligner leurs services financiers à l’objectif de 1,5°C. Ils doivent immédiatement mettre un terme à tous leurs services financiers à l’expansion du secteur. Par ailleurs, ils doivent adopter une stratégie soutenant la fermeture des infrastructures charbon en opération.

Le problème du charbon

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du CO2 émis par le secteur énergétique
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morts prématurées par an
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nouvelles centrales à charbon prévues

Malgré la compétitivité des renouvelables par rapport au charbon neuf ou existant, le charbon reste la première source de production d’électricité, représentant presque 40% du mix mondial. Bien que sa production ait baissé de 3% en 2019, lAIE a avertit qu’il ne s’agissait que d’un phénomène lié à des circonstances particulières dans certains pays et non d’une tendance de fond qui pourrait durer.

Au contraire, plus de 1000 nouvelles unités de production d’électricité à partir de charbon sont toujours prévues, principalement en Asie, et viendraient s’ajouter aux plus de 6700 unités déjà existantes. Une situation particulièrement alarmante totalement à contre-courant des appels scientifiques à engager dès maintenant la fermeture des milliers d’infrastructures charbon. On ne construit pas ce type d’installations pour quelques années uniquement, mais bien pour 40 ou 50 ans, ce qui mènerait les nouvelles à rester en opération jusqu’en 2060-2070. Or, limiter le réchauffement à 1,5°C maximum ne sera possible qu’avec un arrêt total de la production d’électricité à partir de charbon, au plus tard en 2030 dans les pays européens et de l’OCDE et en 2040 ailleurs dans le monde.

Le désinvestissement inefficace ?

Près de 120 institutions financières d’importance mondiale ont désormais des politiques limitant les services financiers au secteur du charbon. Et pourtant, comme indiqué ci-dessus, la production et consommation de charbon ne fléchissent pas de manière notable.

Les politiques d’exclusion déjà adoptées ont pourtant bien un impact.

  • En novembre 2018, les analystes de Goldman Sachs eux-mêmes écrivaient que “le mouvement de désinvestissement a été l’un des principaux moteurs du déclassement de 60% du secteur du charbon au cours des cinq dernières années”.
  • Et en janvier 2019, c’était au tour des analystes d’un des plus gros courtiers en assurance au monde, Willis Towers Watson, de constater que la fuite des assureurs du marché du charbon réduit significativement l’accès des acteurs du secteur à des couvertures d’assurance abordables et les fragilise encore plus face aux autres acteurs de l’énergie.

Mais si trouver des financements, investissements, couvertures d’assurance et autres services financiers est plus difficile, ce n’est pas impossible. La faute à la qualité des politiques adoptées par les institutions financiers. La plupart des politiques ne sont pas alignées avec les objectifs de l’Accord de Paris et nombreuses d’entre elles ne sont que des coquilles vides ou politiques vitrine avec un impact positif nul ou limité sur le climat.

Attention au greenwashing !

Découvrez trois exemples de politiques loin de répondre aux enjeux.

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La finance française pourrait donner l’exemple

Le 2 juillet 2019, les institutions financières françaises se sont engagées à travers leurs fédérations professionnelles à adopter d’ici à mi-2020 “un calendrier de sortie globale du financement des activités charbon”. S’il est tenu, l’engagement du 2 juillet de la place financière de Paris fera figure d’exemple sur la scène internationale, à commencer à la City de Londres où il pourrait avoir un puissant effet d’entraînement en amont de la COP26.

Mais rien n’est moins sûr: l’engagement demeure non contraignant et la mise en oeuvre des mesures annoncées sera évaluée par des commissions composées en partie d’acteurs financiers. Par ailleurs, seuls Crédit Agricole, La Banque Postale Asset Management, AXA et le Crédit Mutuel ont pour l’instant adopté une politique qui répond aux enjeux. Il ne reste plus que quelques mois aux autres acteurs de la place pour revoir leurs politiques ou en adopter une. Cela comprend BNP Paribas, Société Générale, Natixis, SCOR, Groupama et Rothschild.

Lire nos demandes aux acteurs financiers sur le charbon.