Extinction de la biodiversité : la BCE doit agir sur les risques présentés par les énergies fossiles
La Banque centrale européenne (BCE) reconnaît que la perte de biodiversité et la dégradation des écosystèmes ont des conséquences désastreuses sur la stabilité des prix et la stabilité financière. Mais cela se traduit-il par des politiques concrètes visant à protéger la biodiversité du système financier ? Reclaim Finance a étudié si les politiques monétaires et prudentielles de la BCE permettent de financer 80 entreprises ayant des activités liées aux énergies fossiles (en cours ou prévues) dans certaines des zones les plus importantes sur le plan écologique.
Informations clés :
- Si la BCE affirme vouloir intégrer les risques liés à la nature, elle contribue toutefois à la perte de biodiversité en soutenant le financement d’entreprises ayant des projets fossiles dans des zones critiques pour la biodiversité.
- Portefeuilles monétaires : En mai 2026, une obligation d’entreprise sur dix figurant dans ses portefeuilles de politique monétaire était liée à des entreprises ayant des projets fossiles dans des zones critiques pour la biodiversité.
- Collatéral de politique monétaire : Les banques ont été autorisées, au cours des 18 derniers mois, à utiliser comme garantie des titres provenant de 20 entreprises dont les activités présentent un risque majeur pour la biodiversité
- Supervision bancaire : 33 grandes banques placées sous sa supervision ont en effet accordé 161 milliards de dollars à 45 entreprises dont les activités fossiles représentent un danger pour les zones critiques pour la biodiversité
Si la perte de biodiversité et l’effondrement des écosystèmes constituent une véritable préoccupation pour la BCE, celle-ci doit revoir son approche de la nature et mettre fin à tout soutien aux entreprises liées aux énergies fossiles qui représentent une menace sérieuse pour les écosystèmes clés. Cela implique d’exclure des outils de politique monétaire les entreprises ayant des activités liées aux énergies fossiles dans des zones critiques pour la biodiversité, tout en s’assurant que les banques placées sous sa supervision mettent fin à leur soutien à ces entreprises.