Un nouveau rapport de Reclaim Finance et de sept ONGs partenaires révèle que la « Powering Past Coal Alliance » (PPCA) n’est pas parvenue à enclencher un mouvement massif de sortie du charbon. L’analyse du progrès des 111 membres de la PPCA souligne qu’un grand nombre d’entre eux ne parvient pas à mettre en place une stratégie de sortie du charbon. Parmi ces membres, ce sont les institutions financières qui se démarquent, puisque l’écrasante majorité d’entre elles continue de financer le charbon.

Les institutions financières donnent du poids au charbon

Depuis sa création en 2017, la PPCA a grandi rapidement en rapprochant des États, des gouvernements locaux, des institutions financières et des entreprises. Cependant, tandis que certains de ses membres ont pour projet de fermer leurs centrales électriques alimentées au charbon conformément aux les Accords de Paris (i.e. d’ici 2030 dans l’UE et les pays membres de l’OCDE et à l’horizon 2040 à l’échelle mondiale), d’autres ont laissé cette mesure en suspens.

En réalité, seules 2 des 23 institutions financières membres de l’alliance ont adopté des politiques qui pourraient leur permettre de sortir du charbon en respectant ces délais. A contrario, 18 d’entre elles, dont Aviva, L&G, CalPERS et Swiss Re, ne restreignent pas les financements destinés à des entreprises qui développent de nouveaux projets et 8 d’entre elles, dont Schroders, n’ont pas de critères minimums pour limiter leur soutien au secteur du charbon. Les membres financiers de la PPCA ont également investi 38 milliards de dollars dans des entreprises fortement impliquées dans le secteur du charbon.

De plus, le rapport met en exergue qu’au fondement même de l’alliance, c’est-à-dire dans la « PPCA declaration » et les « Finance Principles », se trouvent des failles clefs qui permettent à ses membres de répondre à ses critères tout en demeurant des acteurs importants dans le secteur du charbon.

Des Coprésidences qui ne montrent pas l’exemple

Les réticences proviennent également du comportement de certains États membres, dont le Canada et le Royaume-Uni, ses co-présidents. En effet, tandis que le Canada fermera toutes se centrales à charbon d’ici 2030, le pays augmente ses importations de charbon et prévoit d’ouvrir 13 nouvelles mines dans l’Alberta et la British Columbia, deux régions qui sont aussi des membres individuels de l’Alliance. D’autre part, le Royaume-Uni envisage le développement d’une nouvelle mine de charbon.

De façon similaire, le Mexique planifie d’ouvrir de nouvelles centrales électriques alimentées au charbon, l’Allemagne continuera d’utiliser ses centrales charbon jusqu’en 2038 et le Sénégal n’a adopté aucune date de sortie du charbon.

La Cop-26, une dernière occasion de sauver la PPCA

Le rapport propose des recommandations afin que la PPCA puisse atteindre son objectif et devenir un moteur pour une sortie à l’échelle globale du charbon. La PPCA doit exiger de ses membres une sortie de l’intégralité du secteur du charbon, mines et infrastructures comprises, et doit prendre en compte les spécificités liées aux acteurs financiers. Ses membres doivent s’aligner sur un agenda de sortie du charbon qui soit compatible avec les Accords de Paris, ce qui implique pour les institutions financières d’adopter des politiques de sortie du charbon en suivant les critères de la « Coal Policiy Tool ».

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