Avec son “règlement Benchmark”, l’Union européenne souhaite donner aux indices financiers « verts » une base commune faite de critères minimums à respecter, et ainsi contribuer à rendre la finance compatible avec les objectifs de l’Accord de Paris.

Ce règlement consiste en la création de deux “benchmarks” d’indices climatiques qui fournissent un schéma à respecter pour tout indice financier vert. Les deux “benchmarks” d’indices proposés visent tous les administrateurs d’indice et leur permettront d’utiliser la dénomination “Paris Aligned Benchmark” (PAB) ou “Climate Transition Benchmark” (CTB) dans le nom de leurs indices s’ils respectent les critères définis.

Le développement de la gestion indicielle

Cette réglementation est particulièrement importante et attendue étant donné le développement continu de la gestion indicielle passive, laquelle se contente de reproduire des indices choisis. Les montants gérés de manière passive représentent déjà plus de 20% des actifs gérés dans le monde et sont amenés à prendre de l’ampleur en Europe.

Or, si les gestionnaires d’actifs reconnaissent de plus en plus la nécessité d’aligner leurs placements sur des trajectoires compatibles avec l’Accord de Paris, les politiques d’exclusion ou d’engagement prises dans ce sens se limitent presque toujours aux actifs gérés activement, et laissent de côté les fonds indiciels et la gestion passive. Ainsi, Lyxor AM et BlackRock, qui gèrent respectivement près de la moitié et plus des deux tiers de leurs actifs de manière passive, n’y appliquent pas leur politique sur le charbon.

Des benchmarks insuffisants

Cependant, si l’initiative de l’Union européenne est la bienvenue, les deux benchmarks européens demeurent insuffisants pour permettre un alignement réel des fonds sur les objectifs de l’Accord de Paris. Aucun des deux n’exige une réduction absolue des émissions de gaz à effet de serre. Si le PAB va plus loin que le CTB avec des exclusions sectorielles, il ne garantit pas non plus l’exclusion d’entreprises qui développeraient de nouveaux projets d’énergies fossiles.

Les sociétés de gestion désireuses d’aligner leurs activités avec une trajectoire climatique viable ne peuvent donc pas se contenter de ces deux benchmarks.

Elles doivent se doter d’indices construits à partir du PAB auquel il faut intégrer des critères supplémentaires que nous détaillons dans cette note :

  1. Une cible de réduction absolue des émissions annuelles ;
  2. Une exclusion des entreprises qui développent de nouveaux projets d’énergies fossiles ;
  3. Un renforcement des seuils d’exclusion actuels ;
  4. Une approche dynamique tournée vers une sortie progressive des énergies fossiles.

Dans l’éventualité où de tels indices n’existeraient pas en nombre suffisant, il est indispensable que les institutions financières, régulateurs et fournisseurs d’indices en soutiennent le développement.

La note complète