18 ONG dont Reclaim Finance ont publié fin décembre, à l’occasion de l’anniversaire de l’adoption de l’Accord de Paris, un rapport exposant comment l’industrie financière s’emploie depuis 5 ans à faire exploser le budget carbone disponible pour contenir la hausse de la température à 1,5 °C. Il révèle les financements et investissements à 12 des zones d’expansion d’énergies fossiles. Ces projets utiliseraient à eux seuls les trois quarts du budget carbone total restant si nous voulons avoir une probabilité de 66 % de limiter le réchauffement climatique à 1,5° Celsius. Le groupe d’organisations appelle le secteur financier à sortir rapidement des énergies fossiles l’argent. La première priorité devrait être de ne permettre d’aucune manière aux projets d’expansion du charbon, du pétrole et du gaz – tels que ceux couverts par le rapport – d’avancer.

  • Les 12 études de cas mettent en évidence les immenses dégâts environnementaux, la violation des droits des populations autochtones, les effets négatifs sur la santé, les préoccupations relatives aux droits de l’homme et les émissions de CO2 attendues, causés par chacun des projets.

Les 12 clusters d’énergies fossiles en cours de développement et études de cas du rapport sont : (1) le développement de nouvelles flottes de centrales à charbon en Chine et (2) aux Philippines, (3) le développement de nouvelles mines et centrales à charbon en Inde, (4) le développement d’un nouveau hub pour le charbon et le gaz à Payra au Bangladesh, (5) l’exploitation des pétrole et gaz de schiste dans le bassin permien aux États-Unis et (6) dans la région de Vaca Muerta en Argentine, (7) le développement d’un nouveau hub pour le gaz sur la péninsule de Burrup en Australie, (8) l’exploitation du gaz au large du Mozambique, (9) l’exploitation du pétrole et du gaz au large du Suriname, (10) au large du Royaume-Uni, (11) dans la mer de Barents en Norvège, (12) dans l’est de la mer Méditerranée.  

  • Ces 12 clusters d’énergies fossiles généreraient au moins 175 gigatonnes d’émissions de gaz à effet de serre supplémentaires.

Cela représente près de la moitié des 395 Gt du budget carbone restant pour limiter le réchauffement à 1,5° avec une probabilité de 50%. Cela représente près de 75% des 235 Gt restantes avec une probabilité de 66 %. Voir le rapport ZERO IN du projet CONSTRAIN.

  • Les entreprises impliquées dans la plupart des études de cas sont ExxonMobil, BP et Total.

Ces compagnies pétrolières sont chacune impliquées dans six des huit projets pétroliers et gaziers présentés dans le rapport. Shell et Chevron sont impliqués dans cinq des huit projets pétroliers et gaziers. Equinor est impliqué dans quatre, tandis que Repsol et Eni sont chacun représentés dans trois.

  • Les banques ont accordé $1600 milliards de financements aux 133 entreprises qui portent cette myriade de nouveaux projets entre 2016 et 2020, et y détenaient $1100 milliards d’investissement en août 2020.

Ces montants s’élèvent à $126 milliards de financements et $22 milliards d’investissements pour les banques et investisseurs français.

  • 20 investisseurs ont fourni près de la moitié des investissements totaux – 535 milliards de dollars sur un total de 1100 milliards de dollars – identifiés dans le rapport.

Les investisseurs américains, avec BlackRock, Vanguard et State Street en tête, sont les plus exposés. Seuls quatre des vingt premiers investisseurs ne sont pas américains : le fonds de pension du gouvernement norvégien, UBS (Suisse), Deutsche Bank (Allemagne) et Legal & General (Royaume-Uni).

  • Les 20 premières banques ont fourni plus de la moitié du financement total aux entreprises impliquées dans ces 12 projets.

Les banques américaines CitiGroup, Bank of America et JPMorgan Chase sont les principaux financiers avec un total de 295 milliards de dollars.

Huit banques européennes figurent parmi les 20 premières. Ensemble, elles ont fourni 308 milliards de dollars, avec en tête Barclays (66,4 milliards de dollars) et HSBC (55,2 milliards de dollars), suivies de BNP Paribas (52,7 milliards de dollars).

Les banques japonaises du top 20, Mitsubishi, Mizuho et SMBC, ont apporté un financement de 149 milliards de dollars.

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Classement des 20 plus gros financeurs aux entreprises sélectionnées :