TotalEnergies cherche toujours à financer son projet Papua LNG, que 32 institutions financières se sont engagées à ne pas financer. Onze clans des communautés locales affectées par le projet ont également retiré leur consentement libre, informé et préalable (CLIP) lors du « Forum de développement » du projet, qui se tient actuellement à Port Moresby. Ces clans exigent qu’un nouveau processus de consentement supervisé de manière indépendante soit organisé, ainsi qu’une enquête sur la manière dont les consultations précédentes ont été menées.
D’autres représentants des communautés locales ont également exprimé des inquiétudes quant aux impacts du projet sur les terres traditionnelles, les rivières, les zones de pêche et les écosystèmes.
Les communautés autochtones touchées par le projet expriment depuis longtemps des inquiétudes quant à la manière dont les propriétaires fonciers sont identifiés. L’Étude d’Impact Environnemental (EIS) de la partie en amont du projet indiquait que 12 700 personnes autochtones seraient présentes dans la « zone d’influence du projet ». Le gouvernement de Papouasie-Nouvelle-Guinée indique désormais que 45 082 personnes seraient affectées.
En juillet, une association de propriétaires terriens autochtones a intenté une action en justice contre l’État pour obtenir la reconnaissance des propriétaires fonciers issus de neuf tribus. Cette action a entrainé la suspension par la justice du Forum de développement pour une durée d’un mois. Suite à une décision de la Cour suprême, le Forum a redémarré en août.
Malgré l’obligation de garantir le consentement libre, informé préalable et éclairé (FPIC) des communautés autochtones affectées par le projet, de nombreux documents essentiels à l’évaluation des impacts du projet – tels que les permis environnementaux, les recensements des propriétaires fonciers, les plans de réinstallation, les études d’impacts sur les droits humains, les évaluations des risques liés au changement climatique et la modélisation économique – restent inaccessibles au public.
Les organisations locales et internationales de la société civile, dont Reclaim Finance, soulignent ainsi les graves risques environnementaux, climatiques et des droits humains liés au projet Papua LNG. En conséquence, ces organisations appellent les institutions financières à ne pas le soutenir.