La City – le centre financier de Londres et du Royaume-Uni – est une des sources de financements du charbon les plus importantes au monde. C’est la révélation d’un nouveau rapport publié par Reclaim Finance avec l’appui de l’ONG allemande Urgerwald. Ce rapport évalue le soutien fourni par les principales banques et principaux investisseurs britanniques au secteur du charbon. Les 5 plus grandes banques britanniques – Barclays, HSBC, Standard Chartered, NatWest et le groupe bancaire Lloyds – ont octroyé 56 milliards de dollars à des entreprises du secteur du charbon en prêts et émission d’obligations, entre octobre 2018 et octobre 2020. Au mois de janvier 2021, les investisseurs britanniques possédaient 47 milliards de dollars sous forme d’actions et d’obligations dans des entreprises du secteur.

Le rapport a été réalisé grâce aux données fournies par la Global Coal Exit List (GCEL). Nous avons examiné les soutiens des banques (entre octobre 2018 et octobre 2020) et des investisseurs britanniques dans 2 800 entreprises listées dans la GCEL (en janvier 2021).

La Bonanza du charbon des banques britanniques

A elle seule, la banque Barclays a soutenu les entreprises de la GCEL à hauteur de 27 milliards de dollars, ce qui en fait le 8e plus gros fournisseur de financement pour le secteur du charbon au monde. Au Royaume Uni, HSBC est la 2ème plus grosse banque du charbon (à hauteur de 15 milliards de dollars) et Standard Chartered la 3ème. (à hauteur de 10 milliards de dollars).

Dans les deux années qui ont précédé octobre 2020, Standard Chartered, HSBC et Barclays ont collectivement octroyé plus de 11 milliards de dollars vers des entreprises prévoyant de développer de nouveaux projets dans le secteur du charbon. Standard Chartered arrive en tête des soutiens aux développeurs. 

Assurer et investir dans le charbon

En janvier 2021, les investisseurs britanniques ont investi 47 milliards de dollars sous forme d’actions et d’obligations dans des entreprises du secteur. Le pire contrevenant est Legal & General, avec un montant de 7,2 milliards de dollars investis dans le secteur du charbon, suivi de Standard Life Aberdeen (à hauteur de 6,4 milliards de dollars) et de Schroders (à hauteur de 5,2 milliards), qui est également le plus gros investisseur dans les entreprises qui promeuvent l’utilisation du charbon (à hauteur de 1,1 milliards de dollars). De plus, 17 investisseurs britanniques ne disposent d’aucune politique pour restreindre leurs soutiens au secteur du charbon.

De même, bien que Lloyd’s of London, le principal assureur britannique, ait adopté une politique pour encadrer ses soutiens à l’industrie du charbon, il peut toujours accorder de nouvelles couvertures d’assurances à des centrales à charbon et des mines de charbon à énergie thermique jusqu’en janvier 2022. L’assureur ne s’est toujours pas positionné sur des projets controversés tels que la mine de Carmichael développée par Adani.

Des banques à la traîne : une image désolante pour le Royaume-Uni

Ce rapport a été publié quelques mois avant la COP 26 qui sera présidée par le Royaume-Uni. en novembre 2021. Au cours de la période examinée, la City de Londres représente le 3ème plus gros soutien mondial à l’industrie globale du charbon, après les places financières de Wall Street et de Tokyo. Malgré la COP26, les acteurs financiers britanniques sont à la traîne : alors que 19 institutions financières françaises ont adopté des politiques robustes pour cesser de soutenir l’industrie du charbon, la city de Londres n’en compte aucune. De même, une seule institution financière britannique (M&G) prévoit d’exclure les développeurs de mines et de centrales à charbon de ses investissements, contre 26 en France. En contradiction avec la multitude d’engagements « net-zéro » des acteurs financiers britanniques et la coprésidence du Royaume-Uni de la Powering Past Coal Alliance.

Conclusion

Ce rapport appelle les banques, les assureurs, les détenteurs et gestionnaires d’actifs britanniques à adopter des politiques de sortie du charbon robustes avant la COP de Glasgow en novembre. Ce rapport liste les principes à appliquer pour atteindre cet objectif. La priorité : pousser les entreprises à renoncer à développer de nouveaux projets dans le secteur, en les menaçant de désinvestir. A terme, un cadre règlementaire sera nécessaire.

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