Evènements climatiques extrêmes : la vulnérabilité des communes françaises révélée

Paris, le 1er juillet 2026 – Au moins 1/4 des communes françaises sont aujourd’hui vulnérables face aux événements climatiques extrêmes. C’est ce que révèle une cartographie inédite – Assurermaville.fr – lancée par Reclaim Finance et Data for Good, attribuant un niveau de vulnérabilité à chaque commune française. Les données montrent notamment que 82% des communes ont vu leurs dépenses d’assurance multirisques augmenter entre 2020 et 2024. Face à ce constat, Reclaim Finance appelle le gouvernement à agir en mettant en place des solutions d’assurance justes et abordables pour les communes, menacées par une crise de l’assurabilité.

D’après une cartographie inédite lancée par Reclaim Finance et Data for Good, Assurermaville.fr, au moins 1/4 des communes sont vulnérables aux évènements climatiques extrêmes, soit 9398 communes en France (1). Cette vulnérabilité est calculée à partir d’un indice composé de 4 critères : exposition aux catastrophes naturelles, prévention des risques, situation économique et dépenses d’assurance multirisques (couverture des dommages aux biens, notamment en cas d’évènement climatique extrême). Les communes placées dans les catégories 3 à 5 étant déclarées vulnérables.

Si l’ensemble du territoire français est concerné, de fortes disparités géographiques se dégagent. Dans les départements et régions dits d’outre-mer, plus de 1 commune sur 2 est vulnérable face aux conséquences du changement climatique (confrontées à la fois aux inondations, aux vents cycloniques et à un marché assurantiel tendu), tandis qu’en France hexagonale, les départements les plus vulnérables sont ceux qui font notamment face au risque de retrait-gonflement des argiles mais aussi aux inondations répetées, comme la Haute-Garonne, le Pas-de-Calais ou encore l’Aude.

Cette nouvelle cartographie révèle également que plus de 200 communes françaises sont en situation d’extrême vulnérabilité (indice 5/5) à travers la France (2). Parmi elles, des villes de taille différentes comme Nîmes (3), Saran dans le Loiret (touchée à plusieurs reprises par la sécheresse et avec des dépenses d’assurance en hausse), mais également des villages. C’est le cas de Millam, dans le département du Nord : frappée par les inondations de novembre 2023, la commune a vu ses dépenses d’assurance bondir de 8 839 € en 2023 à 24 294 € un an plus tard.

Cette cartographie montre un résultat particulièrement préoccupant sur la vulnérabilité des communes françaises et doit susciter une prise de conscience des pouvoirs publics. En plus d’être en première ligne face aux événements climatiques extrêmes, les communes sont confrontées à la dégradation de leurs conditions d’assurance ainsi qu’au manque d’accompagnement de l’Etat dans la mise en place de plans de prévention. Sans action rapide, les maires se retrouveront seuls face à une véritable crise, dont l’ampleur dépasse largement les moyens d’action à leur disposition.

Tom Hauser, chargé de campagne chez Reclaim Finance

Alors que le rythme des évènements climatiques extrêmes s’accélère (4), la vulnérabilité des communes est également exacerbée par la dégradation des conditions en assurance multirisques. En effet, entre 2020 et 2024, 82% des communes ont vu leurs dépenses d’assurance multirisques augmenter (5) – une assurance couvrant notamment les bâtiments publics et équipements locaux et à laquelle est intégrée la garantie catastrophe naturelle. L’impact est particulièrement fort pour les petites communes : 7,5% d’entre elles dépensent plus de 5% de leur budget annuel dans leur couverture d’assurance multirisques (6). Dans le cas contraire, lorsque les communes voient leurs dépenses d’assurance baisser, cela résulte souvent d’une diminution des équipements assurés voire d’une suspension de contrat (7).

En effet, les communes doivent également faire face à des réductions de garanties, des franchises plus élevées (8), des résiliations de contrats ainsi qu’à l’absence croissante de réponses à leurs appels d’offres – certaines communes se retrouvant ainsi temporairement sans assurance (9). Autant d’éléments qui témoignent d’un système sous tension alors même que les assureurs affichent une santé financière exceptionnelle (10).

Si certaines initiatives ont été lancées par les pouvoirs publics (11), elles restent insuffisantes pour faire face aux coûts croissants des dommages liés aux événements climatiques extrêmes et leur intensification sur le long-terme (12). Une intensification qui affaiblira encore un peu plus les communes françaises, déjà en difficulté pour s’assurer.

Reclaim Finance alerte sur la situation et appelle le gouvernement à agir en mettant en place des solutions d’assurance justes et abordables pour les communes, menacées par une crise de l’assurabilité.

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Notes :

  1. Au total, plus de 32 000 communes ont été évaluées grâce à des données publiques disponibles jusqu’à fin 2024. 29% des communes sont catégorisées vulnérables (indice 3/5, 4/5 et 5/5). Certaines communes n’ont pas pu être évaluées en raison d’un nombre insuffisant de données exploitables ou de l’absence d’informations publiques.
  2. Elles sont situées majoritairement dans les départements de l’Hérault (24 communes), la Haute-Garonne (21 communes) et l’Indre-et-Loire (21 communes).
  3. Affichant une vulnérabilité très élevée de 4,2, Nîmes a été touchée par plusieurs inondations et sécheresses successives depuis 2020. Ses dépenses d’assurance multirisque atteignent 1 744 978 € en 2024, soit une augmentation de 130% depuis 2020.
  4. Depuis 2020, plus de 17 360 communes ont demandé la reconnaissance de l’état de catastrophe naturelle, soit plus de la moitié des communes françaises.
  5. Cette hausse est particulièrement marquée dans certaines communes. Par exemple les dépenses d’assurance multirisques de la commune de Florensac, dans l’Hérault, sont passées de 16 549 € en 2021 à 128 579 € en 2024. De même, la commune de Vivonne, dans la Vienne, a vu ses dépenses augmenter de 19 203 € en 2021 à 114 862 € en 2024.
  6. La commune de Saint-Gauzens, dans le Tarn, a enregistré en 2024 des dépenses de 22 035 € au titre de son assurance multirisques, soit près de 10 % de son budget annuel.
  7. Source : Observatoire de la finance et de la gestion publique locales (OFGL). En 2026, la collectivité territoriale de Martinique a vu ses contrats d’assurance résiliés par ses assureurs, MSIG et Allianz (source : L’Argus de l’assurance, 2025)
  8. À la suite de la résiliation de son contrat par son assureur Groupama, la communauté de communes de Chinon Vienne et Loire a été contrainte de trouver un nouvel assureur. Résultat : « La cotisation a doublé et la franchise a été multipliée par 20 » (source : L’Argus de l’assurance, 2026).
  9. Début janvier 2026, la commune de Breil-sur-Roya dans les Alpes-Maritimes indiquait ne plus pouvoir assurer les bâtiments publics (écoles, crèches…). Source : « On nous a même suggéré que Breil-sur-Roya change de nom » : de nouveau sans assurance depuis le 1er janvier, ce maire cherche une solution, 2026
  10. Reclaim Finance, Catastrophes naturelles : éviter la crise de l’assurabilité en France, 2026
  11. Le gouvernement a notamment mandaté en 2024 la CCR et France Assureurs pour produire une cartographie de l’assurabilité en France. Cette carte, rendue publique le 15 juin 2026, est basée sur des données de 2022 et étudie uniquement le cas des particuliers. D’autres initiatives ont été lancées comme le Guide de passation de la commande publique et un dispositif d’aide aux collectivités : Collectiv’Assur, peu saisi depuis sa création.
  12. Le coût des évènements climatiques extrêmes pourrait doubler d’ici 2050 en France. (source – France Assureur, 2021).
2026-07-01T11:51:56+02:00