Jeudi 22 octobre 2020 – Alors que la crise du Covid-19 a conduit les français à économiser davantage (1) tout en exigeant une épargne plus durable et solidaire (2), une étude réalisée par l’ONG Reclaim Finance révèle que l’écrasante majorité des produits financiers auxquels ils ont accès soutient des entreprises aux pratiques environnementales et sociales dangereuses. À une semaine du Climate Finance Day, qui réunit toute la Place financière de Paris, Reclaim Finance appelle le gouvernement à légiférer pour mettre l’épargne des français au service de la transition écologique.  

L’étude compare les actifs détenus dans 442 fonds commercialisés en France à une liste d’entreprises sélectionnées appartenant à 5 catégories : les plus gros émetteurs de gaz à effet de serre (GES), les entreprises aux pratiques contestables en matière de droits humains, les entreprises de l’armement, les entreprises du charbon, et les entreprises impliquées dans des scandales majeurs (3). Parmi elles se trouvent notamment Total, Amazon, Lockheed Martins, Fortum et Bayer.

Les résultats sont alarmants : plus de 86% des fonds contribuent au financement des entreprises sélectionnées, avec en moyenne 29,5 d’entre elles. De plus, certains fonds sont fortement investis dans les entreprises sélectionnées : 183 fonds placent plus de 10% de leur valeur dans celles-ci. Encore plus frappant : 5 fonds (4) contribuent au financement de plus de 200 entreprises sélectionnées et 9 (5) sont même investis à plus de 40% dans celles-ci.

Les fonds labellisés “investissement socialement responsable” (ISR) ne font pas exception : 94% d’entre eux sont exposés aux entreprises sélectionnées et des fonds labellisés affichent eux aussi une exposition particulièrement forte (6).

“Le constat est simple : alors que 62% des français veulent que l’environnement et le social soient pris en compte dans leurs placements, plus de 86% des produits financiers étudiés contiennent des entreprises aux pratiques nocives. Force est de constater que les 61% de français qui ne font pas confiance au label ISR (7) ont raison, les produits labellisés sacrifient tout autant la planète et les droits humains.” souligne Paul Schreiber, qui a analysé les données pour Reclaim Finance.

Face à ce constat, Reclaim Finance demande au gouvernement, au Parlement et aux institutions financières françaises de réguler les produits financiers commercialisés. L’ONG propose trois mesures graduées permettant d’aligner ceux-ci avec les attentes des français (8).

“Le Ministre de l’Economie et des Finances multiplie les déclarations en faveur d’une finance durable et la mobilisation de l’épargne. Mais s’inquiéter comme il le fait de l’attentisme des français et de l’absence d’investissements (9) n’apporte aucune solution. Il doit réguler afin de garantir que tous les fonds distribués en France aient des exigences minimales en matière climatique et redonner confiance aux épargnants français” conclut Lara Cuvelier, chargée de campagne Investissements soutenables chez Reclaim Finance.

L’étude complète :

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Contacts presse :

  • Lucie Pinson, Fondatrice et Directrice Générale, lucie@reclaimfinance.org, 06 79 54 37 15 
  • Paul Schreiber, Chargé de la supervision des institutions financières, paul@reclaimfinance.org