Paris, le 8 avril 2026 – Alors que la dépendance au gaz entraine des coûts élevés pour les consommateurs, des risques pour la santé des populations et le climat, les banques européennes ont augmenté leurs financements aux entreprises qui développent des centrales à gaz à travers le monde depuis 2021. Dans un nouveau rapport (1), Reclaim Finance révèle que 24 banques européennes, dont BNP Paribas, Crédit Agricole, Groupe Banque Populaire Caisse d’Epargne et Société Générale, ont financé le développement de nouvelles centrales à gaz à hauteur de 42 milliards de dollars entre 2021 et 2024. Reclaim Finance appelle les banques européennes à adopter des politiques fermes pour mettre fin au financement des entreprises développant des centrales à gaz.
Malgré les impacts de la volatilité des prix du gaz sur les prix de l’énergie – les fluctuations brutales des prix du gaz étant fréquentes, même avant la guerre Etats-Unis-Israël/Iran (2) –, les banques européennes ont augmenté de 6% par an en moyenne leurs financements aux principales entreprises développant des centrales à gaz dans le monde. En tout, elles leur ont accordé près de 42 milliards de dollars, permettant le développement prévu de plus de 320 nouvelles centrales à gaz à travers le monde.
Près des deux-tiers de ces financements (63%), qui contribuent à maintenir le monde dans la dépendance au gaz pendant des décennies (3), viennent des banques britanniques et françaises (4), dont Barclays, BNP Paribas, Crédit Agricole, le groupe Banque Populaire Caisse d’Epargne et Société Générale. Les banques françaises figurent toutes dans le top 10 des plus grands financeurs entre 2021 et 2024 : BNP Paribas est classée deuxième (5 milliards au total), Crédit Agricole sixième (2,4 milliards), BPCE neuvième (2 milliards) et Société Générale dixième (1,7 milliards).
Des financements malgré les coûts sociaux et environnementaux élevés liés aux centrales à gaz, sur lesquels les banques européennes ferment les yeux. Alors que les prix de l’électricité connaissent une fois encore de fortes hausses en raison des tensions internationales, le gaz est de plus en plus utilisé comme une arme géopolitique (5).
Par ailleurs, les risques pour la santé des populations sont également ignorés, malgré un nombre croissant de données montrant que la production d’électricité à partir du gaz entraîne une augmentation des maladies cardiovasculaires et respiratoires, ainsi qu’une hausse du nombre de cancers (6). Par exemple, la pollution causée par les centrales à gaz a entraîné quelque 2 684 décès prématurés en Europe (UE-27 + Royaume-Uni) en 2019 (7).
Enfin, le gaz a également des impacts climatiques significatifs en raison des émissions de gaz à effet de serre (8).
Les banques qui financent les développeurs de nouvelles centrales à gaz font doublement porter les coûts sur les populations : sur leur santé d’abord, à cause de la pollution de l’air, mais aussi sur leurs factures d’énergie, que le prix volatil du gaz fait exploser en raison des crises mondiales. Les récents conflits au Moyen-Orient nous rappellent cruellement qu’un système fondé sur le gaz est source d’instabilité, et non de sécurité. Il est grand temps que les banques européennes cessent de jeter de l’huile sur le feu et mettent fin à leur soutien financier à l’expansion gazière.
Rémi Hermant, chargé de campagne à Reclaim Finance
Malgré les impacts du gaz sur un accès abordable à l’énergie, la santé humaine et le climat, aucune banque européenne, à l’exception de la Banque Postale, ne dispose d’une politique sectorielle solide sur le financement des développeurs de centrales à gaz (9).
Reclaim Finance appelle les banques à s’engager à mettre fin à tout soutien à l’expansion de du gaz pour la production d’électricité et à amorcer une sortie progressive et rapide de leur exposition. Elles doivent adopter des politiques solides incluant la fin à tout soutien aux nouvelles centrales à gaz et restreindre leurs services financiers aux entreprises qui les développent.