En mai 2020, Reclaim Finance publie un rapport révélant la forte exposition du Quantitative Easing de la BCE aux énergies fossiles. Sur une étude de la liste des actifs détenus par la BCE au titre des achats d’actifs d’entreprises (CSPP et PEPP), Reclaim Finance montre que le quantitative easing bénéficie aujourd’hui fortement aux entreprises des secteurs les plus polluants (énergies fossiles, aérien, automobile…).

Intitulé “Quantitative easing & climat : le sale secret de la BCE” démontre que le principe de “neutralité du marché” pousse la BCE à favoriser des entreprises qui, par leurs activités dans les énergies fossiles, empêchent l’Union européenne à tenir ses propres objectifs en matière climatique.

Reclaim Finance appelle ainsi Christine Lagarde et les gouverneurs des banques centrales membres de la BCE à exclure immédiatement les entreprises les plus polluantes des énergies fossiles du quantitative easing européen.

Ce qu’il faut retenir du rapport:

  • Depuis plusieurs années, et encore plus dans un contexte de crise, la BCE utilise massivement le quantitative easing pour remplir ses missions. Avec les banques de l’Eurosystème, elle détenait 2783 milliards d’actifs fin mars 2020 et prévoit d’en acheter 1100 milliards sur l’année.
  • Les rachats d’actifs d’entreprises financeraient à 63% des entreprises très émettrices de GES, soit jusqu’à 132 milliards de financements polluants pour les seuls rachats lancés en réponse à la crise du Covid-19.
  • Le BCE a acheté les titres de 38 entreprises des énergies fossiles. Parmi elles, 10 entreprises sont liées au secteur du charbon, pour une puissance totale installée d’environ 66 000 MW, soit plus que l’ensemble des réacteurs nucléaires français en service.
  • Des majors pétrolières et gazières, dont Shell et Total, qui prévoient d’accroître leurs productions de 38 et 12% de 2018 à 2030, figurent dans la liste des titres achetés au titre du CSPP et PEPP. Shell prévoit même d’exploiter des réserves de pétrole et gaz de schiste atteignant 12 fois sa production actuelle dans le domaine.

Méthodologie du rapport : les données analysées proviennent de la Banque Centrale Européenne et concernent les actifs d’entreprises détenus au titre du Corporate Sector Purchase Program (CSPP) et du Pandemic Emergency Purchase Program (PEPP) au 17 avril 2020. Elles ont été recoupées avec les données de la Global Coal Exit List, du Global Coal Plant Tracker et de Rystad Energy – fournies par l’ONG Oil Change International – et complétées par des recherches sur les entreprises liées au secteur du charbon, du pétrole et du gaz.

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