Paris, le 12 décembre 2024 : Plus de 7,3 milliards de dollars ont récemment été investis par les grands gestionnaires d’actifs dans des obligations d’entreprises développant des projets fossiles. Des investissements risqués pour le climat, à rebours des intérêts long terme de ceux qui leur ont confié cet argent, comme des fonds de pension ou autres détenteurs d’actifs. L’évaluation des pratiques climatiques des 25 plus grands gestionnaires d’actifs européens et américains, publiée ce jeudi par Reclaim Finance (1), montre en effet leur soutien à l’expansion fossile à la fois par les investissements et par leurs votes aux assemblées générales. Reclaim Finance appelle les détenteurs d’actifs à engager le dialogue sur ce sujet auprès de leurs gestionnaires d’actifs et à cesser de confier de nouveaux mandats à ceux qui soutiennent massivement l’expansion fossile.
Souvent investisseurs de long terme, les détenteurs d’actifs sont particulièrement vulnérables aux risques climatiques, qui affectent également leurs bénéficiaires (clients, retraités, cotisants, épargnants, etc.). Puisque la plupart des détenteurs d’actifs investissent indirectement sous la forme de mandat confiés à des gestionnaires d’actifs, le choix et les pratiques de ces gestionnaires sont essentiels pour faire faire à ces risques climatiques. Or, la quasi-totalité des 25 gestionnaires d’actifs européens et américains évalués continuent de soutenir le développement des énergies fossiles, aggravant le dérèglement climatique et rendant inatteignable l’objectif de limiter la température à 1,5°C (2).
D’après cette nouvelle analyse, les 25 gestionnaires d’actifs (3) analysés, dont les français Amundi, AXA Investment Managers, ne parviennent toujours pas à aligner leurs pratiques sur la science climatique. Ces gestionnaires négligent les risques systémiques liés au climat, en fournissant de nouveaux capitaux aux entreprises qui développent leurs activités fossiles à travers de nouveaux investissements obligataires. L’analyse révèle que les 25 gestionnaires d’actifs détenaient plus de 7,3 milliards de dollars d’obligations émises par des développeurs fossiles entre le 1er janvier 2023 et le 30 juin 2024.
L’analyse des pratiques de vote des gestionnaires d’actifs révèle qu’ils ont également soutenu les décisions de gestion des plus grands développeurs fossiles lors des assemblées générales de ces entreprises, avec en moyenne 79 % de leurs votes en faveur des résolutions approuvant les actions des conseils d’administration en 2024 (4), y compris la réélection des administrateurs.
Les détenteurs d’actifs font confiance aux gestionnaires d’actifs pour gérer leur argent, mais ceux-ci ne parviennent pas à gérer les risques climatiques ! Les détenteurs d’actifs devraient examiner la manière dont leur argent est investi et remettre en question les pratiques des gestionnaires d’actifs. L’allocation de nouveaux actifs aux développeurs fossiles aggravera le changement climatique et augmentera les risques climatiques pour les générations à venir, ce qui est en totale contradiction avec l’horizon à long terme des fonds de pension et des autres détenteurs d’actifs.
Agathe Masson, chargée de campagne investissements soutenables chez Reclaim Finance
Parmi les gestionnaires d’actifs évalués, le français BNP Paribas Asset Management, se distingue par sa politique récemment annoncée de mettre fin aux nouveaux investissements dans les obligations émises sur le marché primaire par les entreprises actives dans l’exploration et la production de pétrole et de gaz à partir de novembre 2024 (5).
De son côté, l’allemand Union Investment se distingue par ses pratiques de vote, s’étant opposé à 80 % des résolutions visant à approuver les actions des conseils d’administration des plus grands développeurs fossiles.
Reclaim Finance appelle les détenteurs d’actifs à vérifier les performances de leurs gestionnaires d’actifs grâce à l’évaluation publiée ce jeudi et à cesser de confier de nouveaux mandats à des gestionnaires d’actifs soutenant l’expansion fossile. Reclaim Finance appelle également les détenteurs d’actifs à dialoguer avec eux pour les inciter à modifier leurs pratiques.