NOS DEMANDES EN MATIÈRE D’ENGAGEMENT

La bonne approche
Les bonnes demandes
Les bonnes sanctions

Les acteurs financiers doivent dès maintenant exclure de tous services financiers les entreprises qui ne sont pas capables ou non désireuses de transformer leurs activités de manière à les aligner avec une trajectoire 1,5°C.

Les autres entreprises aux activités aujourd’hui incompatibles avec les objectifs de l’Accord de Paris peuvent encore engager les transformations nécessaires pour s’aligner avec une trajectoire 1,5°C. Les acteurs financiers doivent les engager afin de s’en assurer.

Reclaim Finance appelle les investisseurs à rejoindre les initiatives d’engagement collectif comme le Climate Action 100+. Cependant, leur participation doit être pro-active et doit compléter, et non remplacer, l’adoption d’une stratégie d’engagement propre.

Reclaim Finance appelle donc tous les acteurs financiers à adopter les mesures suivantes.

La bonne approche

  • Augmenter leurs effectifs en charge de l’engagement avec les entreprises.
  • Publier et faire connaître leurs demandes auprès de l’ensemble des entreprises clientes ou présentes dans leur portefeuilles d’investissement, de financement et d’assurance (ci-après dénommées les entreprises).
  • Intégrer les objectifs de l’engagement dans l’ensemble de la relation client et faire de l’atteinte de ces objectifs des conditions au renouvellement des services financiers en direction de toutes les entreprises.
  • S’assurer du suivi de leurs demandes par les gestionnaires d’actifs extérieurs.
  • Approcher et convaincre les autres acteurs financiers de se joindre aux efforts d’engagement et d’adopter des mesures d’exclusion immédiate des entreprises non à-mêmes ou non désireuses de s’aligner avec l’objectif 1,5°C.

Les bonnes demandes

Plus particulièrement, Reclaim Finance appelle les acteurs financiers à demander aux entreprises :

  • Un engagement à aligner leurs activités avec l’objectif de 1,5°C, et pour les entreprises des énergies fossiles, à sortir du gaz et du pétrole d’ici 2040 dans les pays de l’UE/OCDE et d’ici 2050 dans les autres pays, et dix ans plus tôt pour le secteur du charbon.Un engagement à intégrer les droits des travailleurs et communautés locales dans le processus de transformation des activités et assurer leur transition vers des activités durables.
  • L’intégration de critères climatiques au plus haut niveau de l’entreprise, notamment en conditionnant la nomination et la rémunération des membres du conseil d’administration à l’atteinte d’objectifs climatiques spécifiques.
  • Un engagement public à ne pas mener ou soutenir des pratiques de lobbying anti-climat. Cela implique d’être transparent sur les dépenses de lobbying et quitter les associations professionnelles impliquées dans la promotion de pratiques contradictoires avec l’objectif de limiter le réchauffement à 1,5°C ou qui s’opposent à des mesures et politiques nécessaires à l’atteinte de cet objectif.
  • Un engagement à revoir leurs dépenses de développement (capex) et d’opération (opex) afin de les aligner sur l’objectif de 1,5°C.
  • Un engagement à utiliser des scénarios avec une forte probabilité de réussite, des efforts immédiats de réduction des émissions, et un faible recours aux technologies à émissions négatives. Cela doit être complété d’un engagement à toujours suivre les meilleurs scénarios, méthodologies et outils disponibles, et à soutenir les efforts menés pour leur développement.
  • Un reporting aligné avec les recommandations de la TCFD, qui inclut les objectifs, plans d’investissement et objectifs de décarbonation ainsi que les structures de gouvernance liés à l’intégration des risques climatiques dans la gestion de l’entreprise.

Les bonnes sanctions

Reclaim Finance demande aux acteurs financiers de sanctionner:

  • Les entreprises qui engagent ou menacent d’engager des poursuites, par exemple à travers le mécanisme de règlement des différends entre états investisseurs, pour contrer les régulations en matière climatique.
  • Les entreprises qui vendent au lieu de fermer leurs actifs carbonés, car cela ne permet pas des réductions réelles d’émissions de gaz à effet de serre.
  • Les entreprises qui ne répondent pas aux demandes. Les acteurs financiers doivent avoir adopté et fait connaître en amont leur stratégie d’intensification à déployer en cas d’échec ou insuffisance dans les résultats atteints. Cette stratégie doit comprendre des rendez-vous dans le temps (6, 12, 16, 24 mois) et utiliser tous les outils à la disposition des acteurs financiers (lettres ouvertes, tribunes et prises de position publiques; dépôt et vote de résolution ou de sanction contre la direction en Assemblée générale ; suspension des services financiers et durcissement des termes de financements/soutiens, exclusion).