Le nombre d’acteurs financiers avec des politiques réduisant leurs services financiers au secteur du charbon ne cesse d’augmenter. Cependant, la majorité des politiques ne couvrent que le charbon thermique, celui utilisé pour produire de l’électricité et non le charbon métallurgique, utilisé notamment pour la production d’acier.

Or d’après une recherche publiée par Ember, les aciéries de France, du Royaume-Uni, d’Espagne, d’Autriche, des Pays-Bas, de Finlande et de Slovaquie étaient en 2019 les installations les plus émettrices de CO2 de ces pays. En France, les émissions des aciéries et hauts fourneaux d’Arcelor Mittal dépassent largement les centrales productrices d’électricité à partir de charbon.

L’étude d’Ember montre donc l’enjeu de s’atteler dès maintenant à la réduction des émissions liées à la production d’acier, tout en poursuivant les efforts sur le charbon thermique et bien entendu sur les autres secteurs extrêmement polluants, l’aviation en tête. Les auteurs écrivent “bien que traditionnellement considérée comme difficile à décarboniser, la technologie permettant de fabriquer de l’acier sans charbon sur ces sites se développe rapidement ; l’utilisation de l’hydrogène est désormais considérée comme une solution probable à long terme. Un certain nombre de projets de démonstration sont en cours de développement (Hybrit, par exemple), mais un soutien politique important sera nécessaire avant qu’un déploiement à grande échelle n’ait lieu. Pour l’acier recyclé, la production sans charbon est déjà possible grâce à des fours électriques à arc (FEA) alimentés par de l’électricité renouvelable.”

Ainsi, la sortie du charbon métallurgique, comme celle du charbon thermique, ne pourra se faire sans le développement massif de la production d’électricité renouvelable. Mais plus de sobriété s’impose aussi, avec notamment la valorisation de la réhabilitation des bâtiments au lieu de la construction de nouvelles infrastructures. Dès maintenant, il faut s’atteler à ces chantiers et penser la reconversion des salariés sur toute la chaîne de valeur.

Les acteurs financiers doivent donc dès maintenant s’engager à ne plus accorder de services directs à l’ouverture de nouvelles mines de charbon métallurgiques et doivent conditionner leurs soutiens aux entreprises du secteur à l’adoption d’objectifs de décarbonation de leurs activités.

Voir l’étude d’Ember ici.