Communiqué de presse avec Insure Our Future et ses membres.

Le réseau Insure Our Future et Reclaim Finance accueillent avec prudence la déclaration d’engagement de la Net Zero Insurance Alliance, alliance hébergée par l’UNEP (Programme des Nations Unies pour l’Environnement), et appellent les membres fondateurs à démontrer leur engagement en excluant immédiatement de toutes leurs couvertures d’assurance tout nouveau projet de visant à étendre la production de charbon, de pétrole et de gaz.

De manière positive, l’engagement mentionne que les signataires s’engagent dans une transition de toutes leurs émissions de gaz à effet de serre. Cela inclut les émissions opérationnelles et attribuables, y compris celles de leurs clients en prenant en compte les scopes d’émissions 1, 2 et 3 pour leurs activités de (ré)assurance, et ce en suivant une trajectoire net-zéro alignée avec l’objectif 1.5°C.

Angeline Dobler, chargée de campagne à Campax (Suisse) explique : “Les engagements de la NZIA reconnaissent clairement que l’influence des (ré)assureurs repose avant tout sur ce qu’ils décident ou non d’assurer plus sur leurs investissements. Assureurs et réassureurs savent déjà ce qui doit être fait et doivent maintenant le mettre en œuvre. Ils doivent arrêter d’assurer tout nouveau projet charbon et doivent sortir de ces secteurs, en ligne avec l’objectif 1.5°C.”

Erwan Malary, chargé de campagne à Reclaim Finance (France) poursuit : “Il est positif que les assureurs soient prêts à être leaders dans la lutte contre le changement climatique, cependant les étapes pour rester dans la limite des 1.5°C, tels que la fin de toutes couvertures d’assurance à l’expansion des énergies fossiles, manquent, et sont laissées à la discrétion de chaque (ré)assureur individuellement. Il est ainsi préoccupant de voir qu’aucun socle minimum d’exclusion du charbon n’a été retenu par la NZIA alors même que l’ensemble des membres fondateurs se sont déjà engagés à ne plus assurer de tels projets.”

Regine Richter, chargée de campagne à Urgewald (Allemagne) ajoute : “Allianz, AXA, Munich Re et Zurich, quatre des huits membres fondateurs de la NZIA font partis du top 10 mondial des assureurs les plus actifs dans le secteur du pétrole et du gaz. Ces membres fondateurs doivent donc dès à présent s’engager à n’assurer aucun nouveau projet dans le pétrole et le gaz. Nous les appelons à montrer leur leadership climatique et à exclure les couvertures d’assurance dans ces secteurs dès que possible.”

Pour Lindsay Keenan, coordinateur Europe de Insure Our Future : “Nous sommes devant l’urgence climatique et ce dont nous avons besoin ce sont d’actions immédiates, pas de déclarations entendues. Nous espérons que la NZIA aura un effet positif, mais d’ici là, nous continuerons à évaluer ces entreprises, y compris les membres de la NZIA, et les engagements qu’elles prennent via les politiques qu’elles publient.”

La déclaration de la NZIA note que pour atteindre ses ambitions net-zéro, elle est entre autres dépendante de l’action des assureurs mais aussi de celle des régulateurs et superviseurs du secteur. Insure our Future et Reclaim Finance soutiennent cet appel et soulignent le besoin de régulations plus strictes pour le secteur de la (ré)assurance : à la fois parce que celui-ci est très fortement exposé aux changements climatiques, mais aussi parce qu’il les accélère en n’agissant pas assez vite pour réduire son impact climatique et les risques financiers qu’il finance.

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Notes :

  • La détermination des mesures et critères d’exclusion à mettre en place pour respecter la limite des 1.5°C est laissée à la discrétion des assureurs eux-mêmes, et les signataires peuvent présenter leurs progrès « dans n’importe quelle forme et détails qu’ils considèreraient appropriés ». Si cette liberté qui leurs est laissée est surexploitée, les (ré)assureurs pourraient sérieusement amoindrir l’effectivité de l’initiative à un moment où le besoin de leadership climatique est fort.
  • Bien que l’engagement fasse référence au récent rapport net-zéro de l’AIE, celui-ci échoue à en traduire concrètement les principales conclusions concernant les nouvelles ressources pétrole et gaz dont l’exploitation est clairement incompatible avec l’objectif de limiter le réchauffement climatique à 1.5°C. En outre, les métriques à utiliser pour définir les cibles à atteindre pour chaque entreprise membre ne seront « définies que d’ici à dix-huit mois après le lancement officiel de la NZIA ». Si les métriques sont importantes, leur définition ne doit néanmoins pas retarder les actions urgentes à entreprendre tels que l’exclusion de toute assurance aux nouveaux projets dans les énergies fossiles.
  • Lire le scénario net zero de l’AIE.

Pour aller plus loin :

Insure Our Future a envoyé ses demandes aux PDGs du secteur de la réassurance plus tôt dans l’année en détaillant 6 points essentiels qui traduisent les actions spécifiques qui doivent être mises en œuvre immédiatement.

  1. Cesser immédiatement d’assurer les nouveaux projets de développement ou d’expansion dans le charbon, le pétrole et le gaz.
  2. Cesser immédiatement d’assurer les entreprises minières, à moins qu’elles n’aient prévu un plan de sortie du charbon où elles s’engagent à fermer tous leurs actifs charbon d’ici 2030 en Europe/OCDE, et d’ici 2040 au niveau mondial.
  3. Sortir définitivement, en ligne avec une trajectoire 1.5°C, de l’assurance du pétrole et du gaz.
    Toute entreprise construisant de nouveaux projets charbon, pétrole ou gaz n’est pas alignée sur une trajectoire 1.5°C.
  4. Désinvestir tous les actifs, y compris ceux sous gestion externe, des entreprises du charbon, du pétrole et du gaz non alignés avec une trajectoire 1.5°C.
  5. Aligner les activités d’influence, l’appartenance à des associations de lobbying et les positions publiques de l’organisation avec l’objectif de respect d’une trajectoire 1.5°C et ce de manière transparente.
  6. Etablir des mécanismes de diligence raisonnable pour vérifier et s’assurer que les clients respectent dûment les droits humains, y compris le droit au consentement libre, préalable et informé (FPIC) comme défini par la Déclaration des droits des Peuples Autochtones des Nations Unies.