Le 13 janvier 2021, Reclaim Finance et Urgewald publient un nouveau rapport montrant le niveau élevé des investissements de BlackRock dans l’industrie du charbon. BlackRock doit maintenant joindre l’acte à la parole en laissant le charbon dans le sol, en cette année critique pour le climat avec la COP26 à l’horizon.

Ces résultats tombent à la date anniversaire de l’engagement fait par Larry Fink, CEO de BlackRock, d’amener BlackRock, le plus grand investisseur au monde, à investir de manière durable et à mettre fin à ses investissements dans le charbon thermique.

Nos analyses relèvent que BlackRock reste un investisseur massif dans les entreprises du secteur du charbon, y compris celles qui ont des plans d’expansion liés au charbon. Les énormes lacunes de la politique charbon de BlackRock et l’absence totale de politique concernant les autres énergies fossiles ne sont plus acceptables dans un contexte d’urgence climatique. Il est temps pour le plus gros gestionnaire d’actifs au monde d’agir.

Les lacunes énormes de la politique charbon de BlackRock

Plus de 85 milliards de dollars d’actifs gérés par BlackRock sont encore investis dans des entreprises du secteur du charbon, dont Glencore et RWE. Pire encore, les investissements dans des entreprises ayant des plans d’expansion liés au charbon, comme Sumitomo ou KEPCO, s’élèvent à plus de 24 milliards de dollars, ce qui est en contradiction flagrante avec l’action climatique requise par l’Accord de Paris.

Ces résultats s’expliquent par les trous béants dans la politique de BlackRock, qui ne touche que 17 % de l’ensemble de l’industrie du charbon, ce qui signifie que BlackRock pourrait encore investir dans 333 entreprises cotées du secteur du charbon. Plus important encore, cette politique ne s’applique qu’à son portefeuille en gestion active, laissant de côté la majorité de ses actifs qui sont investis via des fonds en gestion passive. Ce qui signifie que BlackRock peut toujours investir dans toutes les entreprises du charbon dans le monde via ses fonds indiciels.

Trop peu d’actions & trop lentement

Les annonces de BlackRock sur le climat n’ont pas non plus permis de progresser sur d’autres sujets. Ses innovations en matière de nouvelles offres durables pour ses clients sont peut-être les bienvenues, mais elles ne compensent pas les ravages que le financement du charbon de BlackRock continue de faire subir à la planète. Par exemple, les actifs des ETF “durables” ne représentent actuellement qu’une infime partie de tous les ETF iShares (la filiale de BlackRock qui gère la plupart de ses ETF), soit environ 3 % du total des actifs gérés.

La politique d’engagement de BlackRock est tout aussi terne. Sans la menace de sanctions en cas de non-conformité, et sans demandes précises et de court terme, les effets de l’engagement de BlackRock se font attendre. BlackRock a par ailleurs voté contre 88 % des résolutions sur le climat en 2020, un tableau de vote pire que celui de 2019.

Faisons le point

Un an plus tard, la promesse de Larry Fink de verdir BlackRock semble de plus en plus creuse. S’il veut vraiment être considéré comme un leader en matière de climat, plutôt que comme une partie du problème, BlackRock doit prendre des mesures décisives et rapides pour renforcer l’ambition de sa politique charbon et donner suite à son engagement en faveur du climat.

La lettre annuelle de Larry Fink à ses clients arrivant bientôt, BlackRock a la possibilité de s’attaquer à sa dépendance aux énergies fossiles. S’attaquer sérieusement au charbon est la première étape vers l’alignement sur un scénario de 1,5°C. Cela signifie :

  • S’engager à exclure toutes les entreprises qui génèrent plus de 20 % de leurs revenus ou de leur production d’électricité à partir du charbon ;
  • S’engager à exclure toutes les entreprises ayant des projets d’expansion dans le secteur du charbon ;
  • S’engager à exclure toutes les entreprises produisant plus de 10 millions de tonnes de charbon par an et détenant plus de 5 GW de capacité ;
  • Appeler les entreprises à adopter des plans de sortie basés sur les actifs pour éliminer progressivement le charbon d’ici 2030 dans les pays européens et de l’OCDE et au plus tard en 2040 dans le monde entier ;
  • Appliquer la politique d’exclusion à tous les actifs sous gestion, y compris les actifs gérés passivement.

Après l’année la plus chaude jamais enregistrée, BlackRock n’a plus d’excuses pour ne pas agir.

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