C’est ce que déclare Thierry Bros, chercheur associé à l’Energy Project de l’université de Harvard, en réaction à la production toujours plus importante de gaz (10% de hausse l’année dernière et 3% prévu cette année).

Les Etats-Unis ne savent plus quoi faire de ce sous-produit lié à la production de pétrole de schiste, donc les grandes majors cherchent à l’exporter sous forme liquéfiée, sauf que, comme le note Vincent Collen dans les Echos, “la demande ailleurs dans le monde a du mal à absorber de tels surplus, d’autant que la production de gaz augmente aussi en Russie, en Australie ou au Nigeria”. Un des derniers symptômes, la dépréciation de 10 milliards de dollars par Chevron de ses actifs gaziers.

En Europe, alors que le millième cargo de GNL par Chenière se dirige vers la France, une étude du cabinet Artelys commandée par la Fondation européenne pour le climat conclut que la plupart des 32 projets de gazoducs et de terminaux GNL, évalués à 29 milliards d’euros d’ici à 2030, sont inutiles pour la sécurité de son approvisionnement mais aussi superflus d’un point de vue économique.

En attendant, les marchés croulent sous le gaz bon marché. Une bonne nouvelle pour le climat? Non car la chaîne de valeur du gaz, issu du schiste nord-américain, puis exporté sur des grandes distances sous forme liquéfié avant d’être regazéifié et brûlé dans des centrales a un impact carbone plus important que celle liée au charbon. Et l’entrée en service de toutes les usines de liquéfaction, gazoducs et usines pétrochimiques planifiées aux Etats-Unis entraînerait une hausse de 500 millions de tonnes des émissions de CO2 des Etats-Unis d’ici à 2030, selon une étude publiée dans « Environmental Research Letters ». Soit l’équivalent de 10 % des émissions actuelles de la première puissance mondiale.

Sources